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Croquis du (tentaculaire) Lucas Vallerie

Dessin, cinéma d'animation, chanteur, batteur-fou, engagement écologique comme expressions de soi. Son animal totem serait l'octopus. Croquis du (tentaculaire) Lucas Vallerie.

C’est dans son atelier d’alors -sa « petite grotte »- niché dans la maison d'amis, dans une ambiance joyeuse mais studieuse de colocation professionnelle, que nous a reçu Lucas Vallerie. De la bande à Lulu, ces amis-là sont entre autres de la même aventure musicale. Il y traîne paraît-il des baboons qui tournent autour d'une élégante dame cuillère…

Il y a quelques années déjà, d’une envie d'échapper au tourbillon des grandes boites de cinéma d'animation, de la pub et des open spaces où l'on se perd, Lucas Vallerie se sauve, dans tous les sens du terme. Il consacre du temps à une démarche humanitaire dont il tire un long métrage documentaire « Une ballade pour les Khmers », à l’allure d’un carnet de voyage. « Le Cambodge, c’est un endroit que je porte dans mon coeur et c’est marrant parce que (…) la Martinique (…) c’est l’autre hémisphère mais c’est la même latitude, c’est pile-poil de l’autre côté de la planète ».

Nourri des premières influences de sa jeunesse, forcément sur papier, comme celle de PEF, la BD refait ensuite surface par le truchement d'internet et des blogs, tel celui de Boulet ou encore par les carnets de Joann Sfar. Encouragé, il se laisse cueillir par la perspective d'allier la technique à la liberté du geste et comme c’est aussi en dessinant qu’on apprend à dessiner, il noircit des cahiers et fréquente les ateliers.

Cyparis m'était conté

« Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre » ne devait pas être sa première grande histoire dessinée, mais « Fernando », clin d’oeil à Georges Urbain, son parisien de grand-père à qui d'ailleurs « Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre » est notamment dédié.

La Martinique, elle l’inspire. De la cascade Didier avec ses vestiges industriels à la dominante Montagne Pelée. Et comment parler de son ascension de cette Pelée sans parler de Saint-Pierre ?...

C’est ainsi que le récit autour de Cyparis a mûri. « Il arrive à travers ses dessins à parler d’histoire, à parler d’origine parce qu’il a grandi ici. Cyparis (…) c’est aussi un morceau de sa vie » souligne Natacha, fameuse dame cuillère-chanteuse du groupe Lady Spoon and The Holy Baboons.

L'effet big bande

Le côté bande chez Lucas Vallerie n'est pas que dessinée. Le collectif est une forme de son existence. Le groupe « The lady spoon and the holy baboons » dont il est alors batteur-percussionniste-chanteur-, donne dans le « Caribbean Freaky Rock » et a développé une identité forte au travers de la scénographie, des costumes et des affiches dont Lucas Vallerie propose une création à chaque nouveau concert : « Les affiches tournent autour du joyeux bordel parce qu’on a énormément d’instruments sur scène, faits de bric et de broc, et puis la dame cuillère, très fine et élégante avec ses bestiaux à côté en train de mettre le bazar ».

Et maintenant ? Quelle source l’inspire ?

Non sans vague à l'âme, de la ville du Marin, Lucas Vallerie a choisi de prendre le large en famille et avec panache. En voilier 4 mâts s'il-vous-plaît, à bord du Rara-Avis du Père Jaouen. Un premier mai, il a largué les amarres pour s’en aller poser ses valises dans la ville portuaire de Nantes. De ce voyage à la Jules Verne, avec son octopuss en bandoulière, un carnet de voyage sortira des eaux atlantiques. Mais l'octopuss aura déjà laissé sa trace en Martinique, sur les berges de Mi Bel Madam…


Fin Luca V

Fabienne Pélage

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