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« Culte des ancêtres et Foi chrétienne » Qui est l’ancêtre du martiniquais ?

Mardi 28 mai 2019 au bâtiment « Pax » du presbytère de la Cathédrale de Fort-de-France. Trois prêtres catholiques s’expriment sur un thème délicat. « Culte des ancêtres et Foi chrétienne ». Face aux intervenants, des centaines de spectateurs de tous horizons. Au premier rang de l’assemblée, Monseigneur David MACAIRE. Attentif. Heureux.

 

ENGAGER LE DÉBAT

« Nous sommes dans la 171ème année de l’Abolition de l’esclavage », introduit le Père Pierre HENDERSON. Le Curé de la paroisse du Lamentin étudie l’assistance. « Nous continuons à vivre un certain nombre de constats. Il y a des débats que l’on veut engager. » Le modérateur marque une nouvelle pause. « Vos apports vont nous permettre de réfléchir aussi. »

Derrière une table, deux autres prêtres catholiques. Le Père Mènongbé Sosthène GODJO, Curé de la paroisse du Lorrain, natif du Bénin. Et le Père Joseph-Pérald RÉMY, Curé de la paroisse foyalaise de Saint-Christophe, enfant d’Haïti. Assis non loin, le Père Jean-Michel MONCONTHOUR, fils de Martinique. Le Curé de la Cathédrale de Fort-de-France accueille et alimente cette première série de ‘Regards croisés’. Les trois orateurs campent les différentes formes de cultes rendus aux ancêtres. Ils décortiquent les pratiques observées au Bénin – et dans d’autres pays d’Afrique –, en Haïti, en Martinique.

 

LES MORTS NE SONT PAS MORTS

« Il se dit, presque sur tout le continent [africain, NDLR], que les morts ne sont pas morts. » Le Père Sosthène captive l’auditoire. « Ils sont toujours avec nous. Et on leur offre des sacrifices pour avoir leurs faveurs. » Le vaudou béninois, les rites funéraires, les associations initiatiques… 45 minutes d’intervention savourées par un public silencieux. Les spectateurs débordent dans la cour du presbytère.

« C’est à partir de la Guinée que l’on a établi les règles du vaudou en Haïti », explique à son tour le Père Rémy. Le Curé de Saint-Christophe sourit. « Je me souviens d’un groupe d’amis de mon village. Quand on offrait de la nourriture soi-disant aux divinités, nous autres, on passait derrière, on mangeait tout. » Un rire secoue l’assistance.

« C’est le lien du sang qu’on ressent le mieux », reconnaît le Père MONCONTHOUR. Africain, européen, indien, amérindien… Le martiniquais peine encore à identifier ses ancêtres. « Mais quelqu’un qui a été fondateur de notre histoire, rassure le Curé de la Cathédrale, d’un événement qui nous a fondé, est un ancêtre pour nous. » L’échange s’achève une heure plus tard sur la promesse de nouveaux ‘Regards croisés’.

 

Véronique LORDINOT

Nous y étions, et vous? 

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