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FIAP19 (Festival International Art Performance) Martinique

*Photo de la performance de Lara Kramer « Eating bones & Licking bread » au Musée d'Archéologie Précolombienne et de la Préhistoire de la Martinique

« Les performers ont des propositions qui sont là pour déranger le ronronnement du fonctionnement de systèmes sociétaux » Fabienne Viala, professeure en études de la Caraïbe (université de Warwick U.K.)

La 2e édition du FIAP Martinique a débuté le 5 novembre pour se prolonger jusqu’au 13 novembre 2019 à Fort-de-France, réunissant des performers martiniquais et internationaux, des activistes, des universitaires, en partenariat avec le Campus Caribéen des Arts. Après un temps d'élaboration à la Savane des Pétrifications à Sainte-Anne, le public a pu découvrir gratuitement, des performances en solo ou en binôme dans divers lieux culturels ou non-culturels de Fort-de-France : Hangar du Port Maritime, Marché aux Viandes, Station Culturelle La Coursive, Pointe Simon, Lycée de Ducos, Musée d'Archéologie Précolombienne et de la Préhistoire.

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Ce festival envisagé au rythme d'une biennale a pour ambition « de faire de la Martinique une plateforme caribéenne de la performance » précise Annabel Guérédrat, co-directrice du FIAP Martinique avec Henri Tauliaut. En introduction de cette semaine de rencontres, Paola Lavra, anthropologue et professeure au Campus Caribéen des Arts décrit la performance comme « un espace qui se construit par la recherche et l'expérimentation, un espace d'invention par excellence parce qu'il faut penser et aussi panser, soigner le corps (…) [un espace où] le corps devient finalement porteur de nouvelles représentations du monde, il devient parole ». Fabienne Viala souligne que « dans l'espace caribéen les relations entre les gens sont extrêmement ancrées dans une histoire douloureuse et compliquée, [qu’il y a] plusieurs couches d'aliénation » et évoque ainsi son intérêt pour la performance « parce qu'elle est un outil de mise en relation du social dans un espace politique particulier ». Ainsi, parler de la marche périlleuse de Miao Xiajin, porteur inlassable, tapissant lui-même le sol du contenu de son fardeau menaçant de se faire chavirer, ou encore de la fuite d’Alicja Korek quittant ses chrysalides pour se reconstruire n’est finalement rien en dire. Décrire une performance est assez vain. Tout l'intérêt est dans ce qu'elle suscite comme émotion, embarras, questionnement : la résonance qu’elle provoque chez l'un ne sera pas identique chez un autre. « L'Art, ça se discute » dira d’ailleurs Alicja Korek, durant la restitution de son travail issu du Laboperf#18 à la Savane des Pétrifications, en binôme avec Alex Côté. « Qu'est-ce que votre définition de la performance ? » interrogent-ils tous deux. « Ça ouvre de nouveaux chemins, ça ouvre le coeur » dira Florian. « La performance, c'est aller un peu plus loin. » conclut un autre festivalier.

Fabienne PÉLAGE

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